Sous Contrôle

Sous Contrôle est une pièce contemporaine de l'auteur Frédéric Sonntag. C'est dans un univers de surveillance généralisée que l'on voit 20 personnages se soumettre, se rebeller, devenir fous, surveiller à leur tour... Face à ce monde oppressif, qui fait perdre les repères entre réalité et fiction.

La critique, par Luce Ripahette :

 

Samedi 24 Mars en salle Pina Bausch se jouait l'ultime pièce du festival de l’Arène théâtre ; « Sous contrôle » qui a mis en avant les talents de Camille Crambes, une des 21 metteur.se.s en scène sélectionnée pour le festival. C’est après 10 jours consacrés à la création étudiante que cette édition 2018 s’achève sous les applaudissements d’un public toujours aussi séduit. 

 

C’est par une mise en scène du texte de Frederic Sonntag que Camille Crambes nous propose d’entrer dans un univers dystopique constamment sous surveillance.

 

Quelque chose pèse dans l’atmosphère, quelque chose d’anxiogène que les protagonistes nous font ressentir avant même de rentrer en salle. Les spectateurs se trouvent encore dans le hall du bâtiment quand des voix nous encerclent et nous conseillent vivement de « n’émettre aucun signe d’inquiétude » si bien que l’atmosphère en devient inquiétante.

 Puis à l’entrée en salle, l’espace est clos, la musique pesante, la scénographie minimaliste, les comédiens sont conformés portant la même tenue : nous entrons au sein même de cette société de surveillance généralisée. Au centre de cette mise en scène le texte bien sûr de F. Sonntag mais aussi le jeu des comédiens, des tableaux dont on se délecte tant le ton est juste et le tout si bien formé. 

 

En 19 tableaux, comme autant de fenêtres ouvertes sur cet univers, on nous dépeint les réactions humaines de ces personnages qui y vivent. C’est une force planante non-identitifiée qui pèse sur chacun d’eux et crée un atmosphère totalement paranoïaque qui va jusqu’a créer des troubles identitaires chez les individus. La population s’observe et s’espionne. Certains se rendent compte que leur propre existence est en fait une supercherie, une télé-réalité ? D’autres encore, les surveillants, sombrent dans la paranoïa, car après tout ce sont eux qui surveillent mais qui les surveille eux ? La censure médiatique est, elle aussi, savamment orchestrée et mise en scène au sein d’un tableau fascinant autour de l’art de la manipulation des mots. 

 

Cette fiction dystopique prend de temps à autre des airs de 1984 de George Orwell, The Truman Show ou bien encore Black Mirror. Spectacle  qui frappe juste, là où il faut, quand il faut. En plein dans la vague, bien dosé et bien joué. 

CONTACTS : 

Camille Crambes : camille.crambes@orange.fr

 

07 82 24 99 32