Mort de la famille

Mort de la famille est un insolite qui raconte la destruction d'une famille de façon dansé.

La critique, par Luce Ripahette :

 

C’est le spectacle « Mort de la famille » qui a ouvert, ce lundi 12 mars, cette nouvelle édition du festival de théâtre amateur « Entrez dans L’Arène ».  Ce spectacle hybride mêlant danse et théâtre donne le ton de cette nouvelle édition avec des spectateurs encore une fois au rendez-vous et une salle affichant complet. 

 

La porte de la salle s’ouvre et laisse apparaître une scène délimitée en trois espaces distincts où le public est libre de se placer.

Cette disposition scénique atypique crée un horizon d’attente particulier : il va se passer quelque chose, au cœur de cet espace qui pourrait être celui d’un étrange rêve.

Dans une atmosphère mystérieuse la pièce démarre par une danse rythmée au son d’une musique électro avec pour seul éclairage des leds bleues au sol.

Des chaises, une table, un jeu d’échec et une photo constituent un espace que nous pourrions tous avoir connu. Cette maison ouverte dont les murs sont transparents laisse entrevoir aux spectateurs les différentes scènes qui se jouent dans chacune des pièces. Entre la banalité du quotidien et la folie, les cinq comédiens nous emportent dans l’intimité de leur propre destruction. Pourtant quelque chose perdure, peut être de l’espoir. Une ode à la solitude laisse entrevoir la libération (à venir) d’une pression sociale. 

 

Chacun peut interpréter à sa manière les conflits qui sont donnés à voir : refus de reproduction des normes, résistance primaire à toutes doctrines, incapacité revendiquée à satisfaire un rôle social ? C’est à ces questions que le spectacle livre son public, lui-même sans doute un peu inquiet de savoir si, oui ou non, il pourrait s’identifier à ce qui est en train de se dérouler. Peu importe, « Mort de la famille » parle de chacun d’entre nous et nous touche par des gestes parfois plus explicites que certains mots.

 

Parents, enfants, mari, femme, frères, sœur, les groupes se dessinent dans leur incertitude et leur fragilité. La proximité et l’entrain des comédiens (tous remarquables) nous livre une pièce où Coraline Delorme déstabilise les codes familiaux et dissèque ce sujet à vif.

CONTACTS :

 

Coraline Delorme : 07 77 88 13 07