Juste la fin du monde

Juste la Fin du Monde est une mise en scène de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce, l'histoire de Louis, un homme malade qui rentre dans sa maison familiale pour la première fois depuis plus d'une dizaine d'année, dans le but de leur annoncer sa mort « prochaine, et irrémédiable ».

 

La pièce dépeint des personnages profondément humains, touchants, et les confrontations qu'ils ont presque malgré eux dans une famille particulièrement dysfonctionnelle.

 

Ce spectacle est le troisième d'Ambre Germain au sein de l'Arène Théâtre, après Le Perroquet, forme insolite présentée au printemps 2016, et Morgane ou les Folies Vaines co-produite l'année dernière avec Marie Saillard, scénographe sur Juste la Fin du Monde.

          

 

 

 

 

 

La critique, par Luce Ripahette :

 

Ce mercredi 21 mars, pour son quatrième spectacle, Ambre Germain nous présentait « Juste la fin du monde » d’après l’oeuvre de Jean-Luc Lagarce : une pièce tranchante et sincère. 

 

Louis, après plus d’une dizaine d’années sans visite, décide de revenir chez lui pour "annoncer, dire, juste dire" sa fin prochaine. Une tentative d’adieu en vain car il repartira sans avoir pu exprimer le pourquoi de son retour.

La scène est centrale, deux gradins l’entourent et se font face. Le public entre silencieusement en salle Pina Bausch, quelque chose de lourd plane déjà dans l’atmosphère. Dans un coin de la salle, Louis est déjà là, face à un bureau et une machine à écrire. 

Le spectateur sait dès le départ que Louis est condamné à brève échéance. Et comme Louis, il suit les discours des membres de la famille, les logorrhées qui contournent les raisons pour lesquelles il est parti et celles pour lesquelles il est revenu. Ainsi, chacun s’enferme dans la parole et empêche l’action d’avancer. 

Autour de la table familiale, sa mère, sa sœur, son frère et sa belle-sœur, Catherine qu’il rencontre pour la première fois. Ils se parlent sans réellement communiquer, la parole les empêchent de formuler, d’échanger. 

La mise est scène est épurée, un décor simple : une table, des chaises, un tourne-disque. Ce qui est placé au centre de cette mise en scène c’est bel et bien l’esthétique et le sens du texte. Evidemment le public est saoul de tous ces mots qui, mis bout à bout, dessinent les contours acerbes d’une névrose familiale profondément enracinée.

La peine, la rage et l’amour se mélangent et empêchent d’atteindre le sujet qui révèle la douleur de cette absence si longue sans atteindre jamais cette question qui brûle l’existence de chacun : Pourquoi ? Pourquoi cette absence ? Pourquoi cet abandon ? 

 

 

Le charme opère face à cette parole qui se refuse à la simplification, qui cherche sans cesse le juste mot pour être au plus près du sentiment. Le public semble charmé par ce jeu si subtil, délicat, sombre et lumineux à la fois. Une pièce juste, tant dans le jeu des comédien.ne.s que dans la manière de saisir la confusion familiale, ces liens puissants et complexes qu’on ne sait jamais tout à fait pénétrer. 

CONTACTS : 

Ambre Germain : 17victor17@orange.fr

 

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