Projets 2017 - 2018

LES INSOLITES

Expérience Ï

L'expérïence i tréma, huit clos entre 5 "amis", redéfinit l'amitié dans sa globalité. Que se passe-t-il quand une bande d'amis assiste à une expérience socio-psychologique remettant complètement en question les liens amicaux entre chacun d'entre eux? Comment vont-ils gérer l'explosion de la vérité, des tabous, des différences, des non dits dans leur groupe? Dans un mélange comico-dramatique, vous allez découvrir l'impact des événements personnels - qu'ils soient familiaux, amoureux, identitaires ou encore politique - sur un groupe d'amis.

 

Estéban Fouchet : estebaanfct@gmail.com

© Salomé Beaulieu
© Salomé Beaulieu


Le Songe d'une nuit d'été

Basé sur la traduction de Jean-Michel Déprats, ce projet est l’adaptation sous forme de théâtre de rue de la comédie bien connue de Shakespeare.
Le Songe d’une nuit d’été est une histoire complexe, dont l’action se déroule en grèce et réunit pour mieux les désunir deux couples d’amants : Lysandre et Hermia ainsi que Démétrius et Héléna.


Hermia souhaite épouser Lysandre, mais son père, Égée, la destine à Démétrius, dont est amoureuse Héléna. Lysandre et Hermia s'enfuient dans la forêt, poursuivis par Démétrius, lui-même poursuivi par Héléna. Pendant ce temps, Obéron, roi des elfes, a ordonné à Puck de verser une potion sur les paupières de sa femme, Titania. 

Pendant cette nuit, le quiproquo et la confusion règnent en maîtres.
Il n’y a pas de scénographie. Sur l’espace, on ne voit que les comédien.ne.s qui vont et viennent, passent du jeu au hors-jeu et déambulent au cœur du public. Il s’agira pour l’équipe de faire parvenir un texte considéré comme classique à ce public, de faire sortir celui-ci des a priori sur une potentielle difficulté de compréhension. Le travail du comique de mots et de gestes, de ponctuation ainsi que sur l’aspect poétique du texte sera central.
Ensemble, nous essaierons d’apporter cette pièce au public de 2017, et, au mieux, de le faire sourire.

Lucie Debrock : lucie.debrock.pr@gmail.com 



Il faut qu'on parle

C'est de la performance théâtrale.

 

C'est aussi un corpus de 4 textes : Le Misanthrope de Molière, Une Maison de Poupée d'Ibsen, Les Combustibles de Nothomb et Nos Amis les Humains de Weber.

 

C'est un insolite qui n'attend que 8 comédien.ne.s sans profil particulier (avec ou sans expérience de la scène, jeune ou vieux, femme ou homme ou les deux, chauve ou pas… mais avec plein de motivation et d'idées!)

 

Marius Royer : marius.royer.3@gmail.com



Contacts

Une salle de bal, un soir. Des hommes et des femmes, en tenues de soirée. Ils se croisent, se touchent, s’ignorent, se découvrent, s’attirent et se repoussent. 

 

Ce projet de danse sera une réécriture libre de la pièce chorégraphique Kontakthof de Pina Bausch, créée en 1978.

C'est avant tout l’histoire d’un contact, d’une rencontre et des liens qui en résultent.

 

Par Laurine Boulaire,

Avec : Noé Benn, Julie Deniel, Célia Douet, Alex Leroy, Claire Morice.


La critique, par Luce Ripahette : 

 

Jeudi 22 mars, dans le bâtiment L de l’Université de Rennes 2 se déroulait un des « Insolites » proposé par le festival « Entrez dans l’Arène ». Comme son nom le laisse penser, les représentations se déroulent dans un lieu hors des traditionnels murs des théâtres et salles de spectacle. C’est donc « Contacts » une adaptation de «Kontakthof» pièce emblématique de Pina Bausch mise en scène par Laurine Boulaire qui se tenait à 12h45 dans le hall du bâtiment. Le public était au rendez-vous : des amateurs de théâtre avisés, des passants curieux, des étudiants interpelés et des enfants en sortie scolaire, tous venus découvrir ou redécouvrir le concept des Insolites de l’Arène Théâtre.

 

En revisitant une œuvre de Pina Bausch, , Laurine Boulaire s'aventure dans la forme la plus pure de la danse-théâtre dont la chorégraphe allemande est la référence. Une mise en scène vivante, sensible, simple entre paroles et mouvements.

Le style est également dans le choix vestimentaire: robes de soirée pour elles, costumes et chemises blanches pour eux. Les personnages se heurtent, s'évitent, se suivent, jusqu'à ce que la rencontre se fasse vraiment. Comme une succession d’instants sans lien apparent mais reliés par le sujet de la pièce : l’histoire d’un contact, d’une rencontre, d’un lien. Et cela attise les curiosités, comme Astrid étudiante à Rennes 2 « On a évoqué Pina Bausch en cours d'Histoire du théâtre mais trop rapidement (..) ce spectacle, m'a donné envie d’en savoir davantage … »

 

La pièce débute sur une ligne de danseurs située sur cinq chaises en fond de scène. Une des danseuses s’avance vers le public et se montre sous différentes coutures d’abord les bras, puis les cheveux, les jambes etc…puis elle est rejointe et imitée par les autres interprètes. Comme si les corps étaient exposés aux spectateurs. Chaque danseur.se.s produit des mouvements suggérant  la gêne ou la séduction. C’est dans le contexte d’un bal que ces gestes intimes se montrent sous différentes formes toujours liées aux relations homme/femme. Le tout avec une bonne dose d’humour absurde justement dosé qui crée des moments inattendus et tient le public tout au long du spectacle .. « Il y a un moment qui m’a beaucoup plu, lorsqu’une des danseuses va s’exprimer, elle attrape le micro : on est suspendu.e.s à ses lèvres, ça dure vraiment longtemps, elle ne flanche pas et nous regarde tou.te.s dans les yeux, et finalement elle passe le micro sans rien dire » nous confie Astrid après la représentation.

 

 

Les danseur.se.s se ré-approprient cette oeuvre tout en restant profondément attachés à l’âme de la pièce originale, sous le regard tendre de leur metteuse en scène. Il y a de l’émotion dans ce spectacle mais aussi de la légèreté, quelque chose de juste et absurde à la fois qui se termine sous les applaudissements du public conquis. 


Sous un ciel rouge

Suite à la disparition d'un homme et de sa maitresse, une enquête est menée par le détective privé Jimi Bell et avec l’aide de la voisine de la disparue, la mystérieuse et voluptueuse Eva Hook. Celle-ci l’informe que cette femme travaillait dans le bar du quartier, l’île du crâne. Bell sera alors amené à y interroger les habitués, pour le moins extravagants, étranges enfermés dans leur monde depuis un peu trop longtemps peut-être... 

Sous un ciel rouge est un hommage absurde, que nous voulons rendre au Film Noir américain des années 40/50. Et pour ça nous travaillerons à une écriture plateau. 

 

Manon et Fanny : manon.qdeville@gmail.com



Mort de la famille

Mort de la famille est un insolite qui raconte la destruction d'une famille de façon dansé.

Coraline Delorme 


La critique, par Luce Ripahette :

 

C’est le spectacle « Mort de la famille » qui a ouvert, ce lundi 12 mars, cette nouvelle édition du festival de théâtre amateur « Entrez dans L’Arène ».  Ce spectacle hybride mêlant danse et théâtre donne le ton de cette nouvelle édition avec des spectateurs encore une fois au rendez-vous et une salle affichant complet. 

 

La porte de la salle s’ouvre et laisse apparaître une scène délimitée en trois espaces distincts où le public est libre de se placer.

Cette disposition scénique atypique crée un horizon d’attente particulier : il va se passer quelque chose, au cœur de cet espace qui pourrait être celui d’un étrange rêve.

Dans une atmosphère mystérieuse la pièce démarre par une danse rythmée au son d’une musique électro avec pour seul éclairage des leds bleues au sol.

Des chaises, une table, un jeu d’échec et une photo constituent un espace que nous pourrions tous avoir connu. Cette maison ouverte dont les murs sont transparents laisse entrevoir aux spectateurs les différentes scènes qui se jouent dans chacune des pièces. Entre la banalité du quotidien et la folie, les cinq comédiens nous emportent dans l’intimité de leur propre destruction. Pourtant quelque chose perdure, peut être de l’espoir. Une ode à la solitude laisse entrevoir la libération (à venir) d’une pression sociale. 

 

Chacun peut interpréter à sa manière les conflits qui sont donnés à voir : refus de reproduction des normes, résistance primaire à toutes doctrines, incapacité revendiquée à satisfaire un rôle social ? C’est à ces questions que le spectacle livre son public, lui-même sans doute un peu inquiet de savoir si, oui ou non, il pourrait s’identifier à ce qui est en train de se dérouler. Peu importe, « Mort de la famille » parle de chacun d’entre nous et nous touche par des gestes parfois plus explicites que certains mots.

 

Parents, enfants, mari, femme, frères, sœur, les groupes se dessinent dans leur incertitude et leur fragilité. La proximité et l’entrain des comédiens (tous remarquables) nous livre une pièce où Coraline Delorme déstabilise les codes familiaux et dissèque ce sujet à vif.

LES NOCTURNES

Juste la fin du monde

Juste la Fin du Monde est une mise en scène de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce, l'histoire de Louis, un homme malade qui rentre dans sa maison familiale pour la première fois depuis plus d'une dizaine d'année, dans le but de leur annoncer sa mort « prochaine, et irrémédiable ».

 

La pièce dépeint des personnages profondément humains, touchants, et les confrontations qu'ils ont presque malgré eux dans une famille particulièrement dysfonctionnelle.

 

Ambre Germain : 17victor17@orange.fr

Facebook : Ambre Anis

Ce spectacle est le troisième d'Ambre Germain au sein de l'Arène Théâtre, après Le Perroquet, forme insolite présentée au printemps 2016, et Morgane ou les Folies Vaines co-produite l'année dernière avec Marie Saillard, scénographe sur Juste la Fin du Monde.


La critique, par Luce Ripahette :

 

Ce mercredi 21 mars, pour son quatrième spectacle, Ambre Germain nous présentait « Juste la fin du monde » d’après l’oeuvre de Jean-Luc Lagarce : une pièce tranchante et sincère. 

 

Louis, après plus d’une dizaine d’années sans visite, décide de revenir chez lui pour "annoncer, dire, juste dire" sa fin prochaine. Une tentative d’adieu en vain car il repartira sans avoir pu exprimer le pourquoi de son retour.

La scène est centrale, deux gradins l’entourent et se font face. Le public entre silencieusement en salle Pina Bausch, quelque chose de lourd plane déjà dans l’atmosphère. Dans un coin de la salle, Louis est déjà là, face à un bureau et une machine à écrire. 

Le spectateur sait dès le départ que Louis est condamné à brève échéance. Et comme Louis, il suit les discours des membres de la famille, les logorrhées qui contournent les raisons pour lesquelles il est parti et celles pour lesquelles il est revenu. Ainsi, chacun s’enferme dans la parole et empêche l’action d’avancer. 

Autour de la table familiale, sa mère, sa sœur, son frère et sa belle-sœur, Catherine qu’il rencontre pour la première fois. Ils se parlent sans réellement communiquer, la parole les empêchent de formuler, d’échanger. 

La mise est scène est épurée, un décor simple : une table, des chaises, un tourne-disque. Ce qui est placé au centre de cette mise en scène c’est bel et bien l’esthétique et le sens du texte. Evidemment le public est saoul de tous ces mots qui, mis bout à bout, dessinent les contours acerbes d’une névrose familiale profondément enracinée.

La peine, la rage et l’amour se mélangent et empêchent d’atteindre le sujet qui révèle la douleur de cette absence si longue sans atteindre jamais cette question qui brûle l’existence de chacun : Pourquoi ? Pourquoi cette absence ? Pourquoi cet abandon ? 

 

 

Le charme opère face à cette parole qui se refuse à la simplification, qui cherche sans cesse le juste mot pour être au plus près du sentiment. Le public semble charmé par ce jeu si subtil, délicat, sombre et lumineux à la fois. Une pièce juste, tant dans le jeu des comédien.ne.s que dans la manière de saisir la confusion familiale, ces liens puissants et complexes qu’on ne sait jamais tout à fait pénétrer. 


Incendies

Incendies, c’est l’histoire d'un frère et d'une sœur, jumeaux, qui à la lecture du testament de leur mère découvrent que leur père est encore vivant et qu’ils ont un frère ; deux personnes dont ils ignoraient l’existence. La pièce relate l’enquête sur l’histoire de leur mère, de leurs origines, en somme une quête de l’identité. Nous retracerons les faits historiques qui ont inspiré l'écriture de Wajdi Mouawad, nous nous plongerons notamment sur l'histoire du Liban.

 

Ce projet est pensé comme une création collective, l'ensemble des membres du projet doivent se sentir prêt à s'investir entièrement, à avoir envie de créer ensemble, de rencontrer, de penser, de rechercher, et d'essayer ! Je recherche 1 régisseur.e son et 1 régisseur.e lumière.

 

 

Hortense Bizon : hortense.bizon@orange.fr

© Mario Le Sergent
© Mario Le Sergent


Tom à la ferme

 

« On ferme les yeux des morts avec douceur ; c'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir ceux des vivants. » 

 - Jean Cocteau

 

 - Présentation du texte et résumé 

Tom à la ferme est un texte de théâtre contemporain, signé en 2009 par Michel Marc Bouchard, un dramaturge québécois. 

Tom est un jeune publicitaire qui se rend à l'enterrement de son petit ami, à la campagne dans la ferme familiale. La famille de son compagnon - et au premier rang la mère de celui-ci - n'est pas au courant de l'existence de Tom, et encore moins de l'homosexualité du défunt. 

Tom ne dit rien, se laisse définir comme le collègue, le camarade, l'ami. Arrive Francis, le frère du défunt, avec lequel Tom noue une relation ambiguë, entre attraction et violence. 

 

- Extrait de texte

« AGATHE :  Tom, tu traduis pas ? Pourquoi elle prend pas la boîte ? Pourquoi elle fait rien de ce qu’elle devrait faire ? Pourquoi elle est pas venue aux funérailles ? Pourquoi elle a jamais l’air émue ? Pourquoi y a pas de peine dans ses vêtements ? Pourquoi elle demande pas la route pour le cimetière ? Pourquoi elle m’a pas apporté de fleurs ? Pourquoi y a quelque chose que je sens pas ? Pourquoi à l’église, Tom, il a pas parlé ? Pourquoi y a quelque chose qui va pas ? C’était qui mon fils ? C’était qui ? Il venait plus nous voir. On lui a fait quelque chose ? Il appelait plus. Il écrivait plus. C’est quoi son accident ? On meurt pas à vingt-cinq ans. Pourquoi je me sens inutile ? Inutile. » 

 

 

 

 

 

- Inspirations :

Tom à la ferme, film de Xavier Dolan, 2013

 La Ménagerie de Verre, pièce de théâtre de Tennessee Williams, 1994

Festen (Fête de famille), pièce de théâtre de Thomas Vinterberg et Mogens Rukov d’après le film de Bo hr. Hansen, 2000

 

Mise en scène : Clara Cucchi

Administration : Léonore Fourré

 

Régie son : Nolwenn Retail Bossard

Régie lumière : Théo Heugebaert

 

Chorégraphie et photographie : Coraline Delorme 

 

Comédien.ne.s : Maël Alvestégui, Hortense Bizon, Ambre Germain, Alex Leroy


 "  J ' a i   c h e r c h é   l o n g t e m p s   u n   t i t r e   à   c e t t e   p i è c e .   L a F a b r i c a t i o n   d e s   s y n o n y m e s .   L a   F i a n c é e   d u    m o r t .   L e   B o i s   a u x  c o y o t e s .   L a   B e a u t é   d u   m e n s o n g e .   L a   V e u v e - G a r ç o n .

F i n a l e m e n t ,   j ' a i   c h o i s i   T o m   à   l a   f e r m e .   T i t r e   b o n   e n f a n t   a u x  a c c e n t s   b u c o l i q u e s   m a i s ,   t o u t            c o m m e   l e   r e s t e   d e   l a   p i è c e , c ' e s t   u n   t i t r e   t r o m p e u r .   J ' a i   a u s s i   t e n t é   p l u s i e u r s   f i n s  h e u r e u s e s ,   m a i s   l e s   o e u v r e s   r é c o n c i l i a t r i c e s   d a n s   l e u r  r é s o l u t i o n   s o n t   f a i t e s   d e   m o r a l e   à   c o n s o m m e r   s u r   p l a c e   e n   n o u s   d é r e s p o n s a b i l i s a n t   f a c e   a u x   s o l u t i o n s   d e s   c o n f l i t s . "

 

Michel Marc Bouchard, Mot de l'auteur, Tom à la ferme, Editions Théâtrales, 2011


Les Évanescentes

Cette pièce est un collage de textes de théâtre contemporain, de roman, de chansons qui aborde des questions féministes à partir de la réécriture du mythe grec de la nymphe Daphné. Celle-ci est une nymphe libre et indépendante, répugnée par le mariage. Apollon, suite à une querelle avec Cupidon, est touché par la flèche de l’amour et, porté par un désir violent, pourchasse Daphné de par les bois . Celle-ci, sachant qu’elle ne peut lui échapper par la seule vitesse de ses jambes, se métamorphose alors en arbre et évite ainsi l'agression certaine. Terrifiée par le sort que lui promet Apollon, elle préfère se retirer du monde, devenir intouchable. 

 

Nos deux personnages principales sont deux adolescentes, qui elles aussi, sont tétanisées par ce qui les attend dans le monde et préféreraient sans doute se métamorphoser. Car où trouver la force de s’intégrer dans cette société virile ?

Sur le plateau, leurs peurs et leurs espoirs apparaissent mystérieusement sous la forme d’un chœur, qui raconte les vies des femmes qu’elles pourraient devenir. C’est un spectacle féministe empreint de magie et de mystique, dans lequel nous travaillerons à partir d’une écriture de plateau et selon un fonctionnement de création collective où les choix seront décidés collégialement.

 

 

 

 

 

 

 

 

Azur Couturier :  Aure.C@live.com


La critique, par Luce Ripahette :

 

Les Evanescentes, ou l'insoumission poétique.

 

Au-delà de la mise en scène de la pièce d’Azur Couturier, « Les Evanescentes » partage un regard critique et poignant à l’égard de la société patriarcale. En construisant une atmosphère poétique et engagée pour son premier spectacle, la jeune metteuse en scène réunit cinq comédiennes de la génération Y autour d’une superbe fable féministe qui n’a pas peur de se revendiquer comme telle.

 

Au début de la pièce, les deux amies se disputent une partie de bataille navale. Au centre de leur conversation et de leur désaccord : leurs manières de vivre et d’appréhender leurs vies face aux mille et une injonctions de la société faites aux femmes. Un chœur de 3 femmes illustre cette société et nous rappelle son poids tout au long du spectacle. Eva et Océane, essaient tant bien que mal, chacune à leur manière, de s’émanciper de ce monde dans lequel elles ne se retrouvent pas. 

On nous dépeint leurs premières années de collège comme une jungle intransigeante qu’elles ont subi et dont le souvenir demeure. C’est ainsi qu’au fil du temps, à la manière de Daphné pour échapper au viol (« Les métamorphoses » d’Ovide), Eva choisira de se transformer en arbre pour échapper à ce monde qu’elle ne supporte plus.

La pièce est une forme d’étude du comportement de ces deux jeunes filles face à la société. On observe leurs réactions, leurs questionnements, leurs coups de gueule et leurs rêves à travers un texte ouvertement féministe qui fait du bien à entendre.

L’univers proposé est prenant, il vous happe et vous garde tout au long de la pièce. Elles sont cinq femmes d’une vingtaine d’années et le temps d’une représentation réussissent à faire vivre, entre poésie et violence, des mots d’une grande justesse.

La fuite de ces deux femmes, qu’elle qu’en soit la forme, trouve un sens supplémentaire face à l’actualité. Notamment lorsque l’une d’entre elles dévoile le hashtag #metoo dans les dernières minutes de la pièce. 

 

Une expérience forte en résonance avec ce que nous traversons aujourd’hui. 


Big Shoot

BIG SHOOT est une pièce de Koffi Kwahulé écrite en 1999 qui se joue entre deux personnages, le bourreau et Stan. Dans un interrogatoire poussé aux vices, le tortionnaire va mettre en scène la mort de sa victime en offrant un spectacle tout aussi médiatique que malsain et en lui fabriquant l’alibi nécessaire à ces pulsions.

La pièce aborde sévices psychologiques d’un détraqué, folie et sexualité. 

  

 

Rachel Dufief : rachel.dufief@gmail.com



L'homme qui rit

 L’histoire commence lors d’une terrible nuit d’hiver. Le misanthrope Ursus et son loup Homo recueillent dans leur roulotte deux enfants abandonnés au froid et à la faim, une petite fille aux yeux gelés, et un garçon horriblement défiguré par des trafiquants d’enfants. Ce sont Dea et Gwynplaine. Par la suite, cette famille de fortune va alors connaître le succès grâce au visage de Gwynplaine, déformé par un rictus hideux et surnaturel. Il devient alors le célèbre « Homme qui rit », vedette de toutes les foires anglaises. Jusqu’au jour où son passé le rattrape…

 

Victor Hugo nous livre un extraordinaire plaidoyer sur la différence sociale et physique, l’exclusion, le déracinement, l’opposition entre laideur physique et laideur morale. Dans un monde de plus en plus cynique, l'optimisme de Victor Hugo touche au plus profond. Aujourd’hui, deux siècles plus tard, l’œuvre est encore actuelle par son contenu troublant d’universalité.

 

 

Les objectifs de ce projet sont de faire découvrir un roman méconnu, de travailler sur l'adaptation d'une œuvre littéraire au théâtre, de créer un univers avec une forte identité (visuelle, auditive, sensorielle),  de faire vivre au spectateur un moment dont il se souviendra,  et surtout de créer un groupe cohésif, dynamique et complice autour du projet.  

 

 

 

 

 

 

Lucile Bariou : petite.ecrivain@hotmail.fr


La critique, par Luce Ripahette :

 

C’est un roman du répertoire classique dont Lucile Bariou s’empare. Une œuvre du XIXème siècle : un drame aux accents comiques et politiques qui dénonce les injustices sociales d’une Angleterre soumise à la toute-puissance de l’élite. 

Dans « L’homme qui rit », Victor Hugo raconte le naufrage de Gwynplaine dont le destin est bouleversé par la découverte de son statut social. Défiguré, abandonné puis recueilli par Ursus, Gymnplaine devient une bête de foire « grâce » à  son visage monstrueux. Jusqu’au jour où son passé le rattrape et le projette dans la chambre des Lords dont il fait désormais partie.

 

Dès l’entrée du public, les acteurs sont sur scène. Ils s’affairent, s’agitent dans un espace tamisé de bleu avec pour fond sonore le bruit de la mer déchainée, essayant de sauver leur bateau d’un naufrage inévitable. Le tout dégage une énergie qui force l’immersion instantanée du public au cœur de la pièce.

Menée tambour battant par des interprètes dont la ferveur ne s’estompe pas, cette proposition revisite une œuvre politique teintée de questionnements actuels. 

 

Le monologue impressionnant porté par Gwynplaine dans la chambre des Lords en est le point culminant. Celui ci, se retrouve projeté dans un monde qu’il ne maîtrise pas, dans un monde où (soudainement) il croit avoir sa place. Il devient alors porteur d’un message et tente de dénoncer l'oisiveté excessive d'une noblesse qui par ennui se distrait de la violence et de l’oppression. Pourtant, alors même que son discours prend aux tripes, les moqueries l’accablent  et on finit par le féliciter de sa « représentation hilarante ».

Le spectateur se retrouve comme au cœur du débat. Une prise de conscience qui pousse à la réflexion. Car la dénonciation est double, elle vise aussi la passivité du peuple qui préfère rire et se soumettre.

« Je représente l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite. L'homme est un mutilé. Ce qu'on m'a fait, on l'a fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, l'intelligence, comme à moi les yeux, les narines et les oreilles ; comme à moi, on lui a mis au cœur un cloaque de colère et de douleur, et sur la face un masque de contentement. »

 

 

Essentiellement centrée sur la scénographie et la vitalité des acteurs, cette vision contemporaine de « l’Homme qui rit » se donne pour principal objectif de faire revivre une fable. Et elle revit. Comme le souhaitait Lucile Bariou, presque 150 ans après son écriture, la pièce d’Hugo s’ouvre à nous. Elle résonne dans et avec le monde d’aujourd’hui.


Le lac des cygnes

Une jeune princesse fête sa majorité. Alors que la fête bat son plein, le roi arrive et dit à sa fille qu’elle devra trouver son prétendant lors du bal qui aura lieu le lendemain en son honneur. C’est alors que la princesse voit dans le ciel une nuée de cygnes sauvages. Grisée par l’alcool, la princesse demande une arbalète et part en chasse.

Alors que la nuit tombe elle arrive à un lac où des cygnes nagent. Alors qu’elle s’apprête à tirer sur un cygne celui-ci disparaît et un homme sort des ruines à côté du lac. La princesse comprend alors qu’il s’agit du cygne qu’elle allait tuer. Le cygne lui raconte qu’une sorcière lui a lancé une malédiction et que pour être libéré il doit se marier à un amour véritable. Puis tout du long de la nuit au fur et à mesure des danses ils tombent amoureux. La princesse promet de se marier le lendemain avec lui et retourne au château.

 

 

Pour les comédiens nous nous baserons sur la trame du conte et nous construirons ensemble le texte à partir d’improvisations guidées. La pièce est principalement basée sur la dramaturgie théâtrale mais cette dernière est une représentation que j’aimerais pluridisciplinaire.

                     

 

 

 

 

 

 

Julien Caillerez : jcaillerez@gmail.com  

 



Sous contrôle

Sous Contrôle est une pièce contemporaine de l'auteur Frédéric Sonntag. C'est dans un univers de surveillance généralisée que l'on voit 20 personnages se soumettre, se rebeller, devenir fous, surveiller à leur tour... Face à ce monde oppressif, qui fait perdre les repères entre réalité et fiction.

 

 

 

 

 

 

Camille Crambes : camille.crambes@orange.fr


La critique, par Luce Ripahette :

 

Samedi 24 Mars en salle Pina Bausch se jouait l'ultime pièce du festival de l’Arène théâtre ; « Sous contrôle » qui a mis en avant les talents de Camille Crambes, une des 21 metteur.se.s en scène sélectionnée pour le festival. C’est après 10 jours consacrés à la création étudiante que cette édition 2018 s’achève sous les applaudissements d’un public toujours aussi séduit. 

 

C’est par une mise en scène du texte de Frederic Sonntag que Camille Crambes nous propose d’entrer dans un univers dystopique constamment sous surveillance.

 

Quelque chose pèse dans l’atmosphère, quelque chose d’anxiogène que les protagonistes nous font ressentir avant même de rentrer en salle. Les spectateurs se trouvent encore dans le hall du bâtiment quand des voix nous encerclent et nous conseillent vivement de « n’émettre aucun signe d’inquiétude » si bien que l’atmosphère en devient inquiétante.

 Puis à l’entrée en salle, l’espace est clos, la musique pesante, la scénographie minimaliste, les comédiens sont conformés portant la même tenue : nous entrons au sein même de cette société de surveillance généralisée. Au centre de cette mise en scène le texte bien sûr de F. Sonntag mais aussi le jeu des comédiens, des tableaux dont on se délecte tant le ton est juste et le tout si bien formé. 

 

En 19 tableaux, comme autant de fenêtres ouvertes sur cet univers, on nous dépeint les réactions humaines de ces personnages qui y vivent. C’est une force planante non-identitifiée qui pèse sur chacun d’eux et crée un atmosphère totalement paranoïaque qui va jusqu’a créer des troubles identitaires chez les individus. La population s’observe et s’espionne. Certains se rendent compte que leur propre existence est en fait une supercherie, une télé-réalité ? D’autres encore, les surveillants, sombrent dans la paranoïa, car après tout ce sont eux qui surveillent mais qui les surveille eux ? La censure médiatique est, elle aussi, savamment orchestrée et mise en scène au sein d’un tableau fascinant autour de l’art de la manipulation des mots. 

 

Cette fiction dystopique prend de temps à autre des airs de 1984 de George Orwell, The Truman Show ou bien encore Black Mirror. Spectacle  qui frappe juste, là où il faut, quand il faut. En plein dans la vague, bien dosé et bien joué. 


Open Space

Mise en scène : Etienne Lantier.

 

« Dans la stupidité il est un sérieux qui, mieux orienté, pourrait multiplier la somme des chefs d’œuvre. » Cioran 1952.

 2 heures, 6 licenciements. O P E N  S P A C E  est un jeu. Un jeu au cœur d'un open space vivant ses derniers instants. Cette entreprise a toujours fonctionné avec une seule et unique règle : Ne réfléchissez pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

openspacelespectacle@gmail.com



La vie cette sale race

Pièce essentiellement comique,

Aux accents dramatiques.

 

Projet cool et décalé,

En voici les sujets évoqués :

Amour, sexe, nostalgie, humiliation, 

 

Nous attendons des comédiens une part d'improvisation, 

Afin de créer une collaboration dans l'élaboration du projet,

 

Nous invoquerons tous ensemble l'essence de Britney*  ! 

 

Animé de références populaires et musicales

Passage dansé pour comédien principal 

 

*  (Si vous aimez Toxic,

Vous tombez à pic) 

 

 

 

 

 

 

 

Angèle Gallon et Meriem Boussouf-Balazs : angele.gallon@outlook.fr